(In)visibilités numériques
Sophie Limare,
« (In)visibilités numériques »,
Surveiller et sourire (édition augmentée), Les
Presses de l’Université de
Montréal, Montréal, 2015, ISBN : 978-2-7606-3596-8, http://www.parcoursnumeriques-pum.ca/5-surveiller/chapitre1.html.
version 0, 22/06/2015
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4.0)
Il est vrai à la fois que le monde est ce que nous voyons et que, pourtant, il nous faut apprendre à le voir. (Merleau-Ponty 1964)
Sous un angle philosophique, la vidéosurveillance s’articule autour d’un dédoublement de la réalité entre l’espace concret dans lequel nous évoluons et ce même espace concret surveillé dont nous avons plus ou moins conscience. Marcello Vitali-Rosati définit la diatopie comme une « interstitialité spatiale qui détermine la discontinuité de l’espace » (2009). L’interstitialité spatiale induite par le processus de la vidéosurveillance semble se jouer non pas sur la dialectique de l’ici et de l’ailleurs, mais plutôt sur celle de la perception ou de l’ignorance des dispositifs qui contrôlent un même espace. La diatopie des sousveillances artistiques s’articule ainsi autour du « (ne pas) voir/(ne pas) être vu ». Nourries de cette dialectique féconde entre visibilité et invisibilité, les œuvres liées à la vidéosurveillance dans l’espace urbain se sont transposées, dès la fin des années 1990, dans des interventions artivistes internationales. Le néologisme « artivisme » caractérise une (in)discipline qui, depuis les années 1990, vise à faire prendre conscience de problèmes politiques au moyen d’interventions artistiques.
Références
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Contenus additionnels
Surveiller et sourire de Sophie Limare : Partie 1. (In)visibilités numériques
Crédits : Sophie Limare
Proposé par auteur le 2015-06-22